Le monument aux morts

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Avant d’être destiné à honorer ceux qui sont tombés aux combats le monument aux morts du Vigen eut une autre vie.

A l’origine c’était le portail d’un bâtiment situé dans le quartier du Verdurier à Limoges. Le quartier fut rasé au début de 20ème siècle afin d’assainir ce secteur insalubre et de percer la rue Jean Jaurès. A cette occasion, la commune du Vigen fit l’acquisition du portail pour 500 francs.

Comme souvent, on trouve plusieurs rapports des faits avec de petites divergences :

Le 23 octobre 1916, le Conseil Municipal (NDLR : de Limoges) autorise la vente du portail de l’ancienne imprimerie Barbou, 10 rue du Canard : « Construction semblant remonter à la fin du XVIIIème siècle ou au début du XIXème, présentant un certain caractère architectural dû à la pureté de ses lignes et à la bonne proportion de sa corniche. »

Le 24 mars 1919, la commune du Vigen achète le portail 500 francs, pour servir d’entrée au cimetière, étant entendu que les frais de démolition et de transport soient à sa charge. En définitive, le portail sera utilisé comme encadrement pour le monument aux morts de la Grande Guerre.

Le portail à limoges au début du 20ème siècle

Le portail lors de la démolition du quartier du Verdurier.

 

Lors de sa séance de 31 août 1919 le conseil prend successivement deux délibérations :

  • « Le Conseil décide que la somme de 500 francs provenant du don de M. Delor, ancien maire soit affectée à l’érection de la porte d’entrée du nouveau cimetière »
  • « Il vote en principe une somme de quatre mille francs destinée à l’érection d’un monument à élever au Vigen à la mémoire des enfants de la Commune morts pour la France »

Dans son article paru dans le Courrier du Centre en 1933, André Demartial, gendre d’Adrien Delor, rapporte :

  • « Le portail monumental d’un vieil hôtel particulier de la rue Puy-Vieille-Monnaie, dans le quartier du Verdurier, a été transporté, après numérotage soigneux de toutes ses pierres, dans le chef-lieu de la commune du Vigen pour devenir, en 1920, grâce à la générosité de M. Pierre Le Play, maire du Vigen à cette époque, le cadre grandiose et sortant de l’ordinaire banalité du Monument aux Morts de la Grande Guerre ».

Il semble bien que les 500 francs de M. Delor aient servi à acheter le portail à la ville de Limoges, dans le but d’en faire la porte d’entrée du nouveau cimetière qui, à l’époque, apparaît être une préoccupation importante de la municipalité. La décision d’en faire un monument aux morts aurait été prise plus tard mais rien ne l’indique dans les registres.

31 mars 1920 : le Maire de Limoges au Maire du Vigen

 

 

Ci-dessus le monument dans l’entre deux guerres avec le canon.

A droite le monument sans le canon mais avec la plaque commémorative des morts de la 2ème guerre mondiale.

Ci-dessus le monument dans l’entre deux guerres avec le canon.

A droite le monument sans le canon mais avec la plaque commémorative des morts de la 2ème guerre mondiale.

Le portail fut remonté à l’angle des rues Frédéric le Play et Saint Théau, en face de l’actuel bâtiment de la poste et de la bibliothèque.

Un canon allemand de 77 et 4 obus furent attribués comme trophée de guerre à la commune et ajoutés au monument.

En 1941 une loi ordonna l’enlèvement des statues et monuments en alliage cuivreux afin de pourvoir aux besoins de la production industrielle. Le canon fut donc enlevé, probablement en 1942.

 A la suite de la deuxième guerre mondiale et de celle d’Algérie les plaques comportant les noms des soldats morts au combat lors de ces conflits furent ajoutées.

 

Enfin en 1999 le monument fut à nouveau démonté pierre à pierre, quitta les lieux qu’il occupait depuis presque 80 ans et, passant de l’autre coté de l’avenue Frédéric Le Play, fut reconstruit à son emplacement actuel.

1 – Le monument est sur son ancien emplacement

2 – Les pierres on été démontées et numérotées.

4 – Le corps du monument est terminé, il reste à parachever son environnement

3 – Le monument est remonté pierre par pierre.

 

Sources :Archives municipales ; Ligoure en Limousin – Béatrice Thomas Mouzon – 1990 ; Centre France du 31 octobre 1993

P458 – 15/10/18 – 15/10/18